I. La Musique Maure
Qu'elle
soit savante, folklorique, instrumentale ou seulement vocale ; qu'elle
soit jouée par des professionnels, par des bergers solitaires
ou par un groupe déjeunes filles, le soir au clair de lune, la
musique trouvera en chaque mauritanien un amateur attentif prêt
à la boire comme du petit lait (de chamelle bien entendu). La
musique mauritanienne est formée, en fait, des musiques des quatre
composantes ethniques du peuple mauritanien (Maures, Ha pulaaren, Soninkés
et Wolofs). Malgré le brassage culturel séculaire qui
a permis à ces musiques de s'enrichir au contact les unes des
autres, chacune d' elles garde son originalité et ses spécificités.
On trouvera dans chacune de ces musiques, dans des proportions variables,
les influences des musiques négro-africaines, arabes et berbères.
De ce cocktail est sortie une musique riche, variée, souvent
savante et élitiste (chez les griots), mais aussi populaire,
spontanée et folklorique chez les non professionnels.
La musique
savante
La musique
savante est née dans les campements des princes guerriers. C'est
pour chanter leur gloire et celle de leurs ancêtres, vanter leurs
faits d' armes et leur générosité qu'on été
composés les morceaux les plus fameux et les panégyriques
les plus dithyrambiques. Très structurée et assez complexe
cette musique est du type pentatonique (type musical répandu
en Afrique du nord chez les berbères). La musique classique maure
s'organise à partir de deux notions principales. L'une se rapprocherait
de celle de " mode ", au sens musicologique du mot. L'autre
s'établit sur une différenciation entre ce que les griots
appellent " Lebiadh (blancheur) ", " lekhal " (noirceur)
et " Zrag " (tacheté). Les notions de noirceur et de
blancheur expriment ici approximativement les idées de vigueur
voire de violence (noirceur) ou bien de douceur, d' alanguissement (blancheur).
Ces deux notions interviennent aussi bien pour définir la voie
dans laquelle l'artiste va chanter (et alors il ne peut plus changer
de voie jusqu'à la fin du concert) que pour interpréter
des morceaux musicaux dans les modes. Il existe trois cycles de modes,
ou trois " voies " de musique maure. Chaque voie est composée
de quatre modes principaux que joue selon un ordre immuable : Kar ;
Vaghou ; Sennima et Lebteit. Chaque mode comprend plusieurs formules
modales caractérisées chacune par un ensemble de schémas
mélodiques et rythmiques. Ces " formules modales "
sont plus ou moins nombreuses, selon le " mode " auquel elles
se rattachent ; leur nombre, leur caractère, leur nom varient
selon les régions du pays.
Les musiques
populaires
On peut
parler de musiques populaires au pluriel, parce que, si la musique maure
obéit dans son ensemble à un certain nombre de règles,
il n'en demeure pas moins que plusieurs groupes sociaux ont leur style
musical spécifique : Certaines classes de la société
maure ont un style, des chants et des rythmes où l'influence
de la musique soudanaise (ouest africain) est très présente
et qui s'apparente assez au gospel des noirs américains (Medh,
bendjé). Les jeunes filles issues de milieux sociaux favorisés
ont aussi un style plus conforme à leurs préoccupations
sentimentales. Les bergers, les cultivateurs et même les simples
chanteurs à capela (nechada) ont leur propre voie musicale. Instruments
de musique
Instruments ŕ cordes
-Tidinit
: hoddou , xalam , gambaré : luth à quatre cordes (pour
hommes ).
-Ardine : harpe pour femmes.
-Guembra : Oum zghaiba (niagnourou en pulaar) instrument à corde
unique
-R'bab : instrument à corde (violon monocorde ; moolo, chez les
Hal pulaar)
-Zeg'ari : instrument à corde unique pour jeunes filles.
- baylol instrument pour bergers pulaars (à corde unique qu'
on tient avec la bouche
Instruments ŕ vent
-Neifara
( flûte à cinq trous )
-Zawzaya (flûte traversière) pullaaré en Soninke
; liit en ouolof ; thiororoumbal chez les pulaars
-Boutacha : melon évidé, séché ,avec quatre
trous (instrument pour cultivateurs)
Instruments de percussion
-Tbal Lekbir
(grand Tam-tam)
-Tbal El oud (Tam-tam à baguettes ) tabaldé pulaar, sabar
ouolof,
-Dendria: ( tambourin)
-Degdaga : (tambour spécifique aux hodhs)
-Daghoumma ( calebasse trouée et évidée sauf des
graines)
- humbaldu(kumballi instruments spécifique aux femmes pulaars)
- buubaa : petit tamtam (tama wolof, dondonwé) -koussal
II - Musique
et arts chez les peuls
La particularité
de la société peule, c'est que la musique traditionnelle
n'est pas l'apanage des seuls griots. Chaque groupe ethnique dispose
de sa musique et des ses instruments, les griots ayant eux le rôle
de gardiens de la tradition orale.
Les genres musicaux
Le Pékane
: Pour les "Soubalbé" (Pêcheurs) ; La plus illustre
figure du Pékane reste Guélaye Ali Fall, qui l'a amené
au firmament ;
Le Yéla : Chanté par les "Awlubé" (griots).
Mais à l'origine, ces chants guerriers étaient chantés
par les femmes "Sébbé" à la gloire de
leurs époux partis combattre ;
Le Taara : Genre musical composé à l'origine pour El Hadj
Oumar Tall, et revendiqué aujourd'hui par tous les "Torodbé"
(marabouts) ;
Le Fantang : Joué par les "Wammbaabé" (autre
sous-groupe de griots) pour les peuls - éleveurs ;
Le N'Diarou : Joué par les "Wammbaabé" (autre
sous-groupe de griots) pour les peuls - éleveurs ;
Le Wangoo : Chant et danse très populaire, pratiqué dans
tous les milieux peuls ;
Le Leele : Genre musical très original qui mélange le
chant traditionnel peul avec des extraits de poésie d'amour arabe,
notamment d'Antar Ibn Ziad. Le Leele était chanté par
tous les jeunes sans distinction de groupe ethnique. Certains, comme
Samba Diop, sont devenus très célèbres et des références
en la matière.
Les principaux instruments de musique
Le Hoddou
: Guitare traditionnelle ;
Le Nyaanyoorou : Instrument composé de deux parties dont chacune
est formée d'un bois arqué par un fil (généralement
à base des poils tirés de la queue d'une vache ou d'un
cheval) et qu'on frotte l'une contre l'autre pour produire un son aigu.
Le M'Baggu : Tam-tam africain ;
Le Buuba : Petit Tam-tam à aisselle ;
Le Moolo : Petite guitare avec des sons graves ;
Le Thioroumbal : Flûte traditionnelle
III - CINEMA
Le cinéma mauritanien prend peu de place dans la vie artistique.
Les productions cinématographiques se concentrent sur les documentaires
et les courts métrages. À Nouakchott, il y a quelques
salles de cinéma et des centres offrant des DVD à louer
ou à visionner sur place. Il y a aussi les Centre de lecture
et d'animation culturelle en Mauritanie qui offrent des représentations
de film gratuitement dans des régions éloignées.
Salles
de cinémas
Centre
culturel français
B.P. 225, Tevragh Zeïna, rue Ahmed Ould M'HAMED, Nouakchott Tél.
: 222 525 25 46 / 222 525 40 64 TéléC. : 222 525 40 64
E-mail : ccf@opt.mr
Salle de
cinéma et de spectacle, galerie d'exposition et vidéo
club. Offre aussi des ateliers de théâtre, de karaté,
de danse et de gymnastique en plus d'avoir une bibliothèque et
des cours de hassaniya. Le cinéma coûte 100 UM pour les
membres et 200 UM pour les non-membres.
CLAC (Centre
de Lecture et d'animation culturelle en Mauritanie) B.P. 5115, Nouakchott,
Mauritanie Tél.: 222 529 1542, Téléc. : 222 525
28 02 E-mail : clac.rim@toptechnology.mr
II y a
dix centres en "brousse" mauritanienne qui offrent des pièces
de théâtre aux jeunes dont les sujets s'articulent autour
de questions morales.
Cinéma
Galaxy
Tevragh Zeïna, Nouakchott
Des films sortis en salle depuis quelques mois.
Netmédia
Tevragh Zeïna, Avenue De Gaules (à côté de
GESTECO), Nouakchott DVD que vous pouvez louer ou regarder sur place
(à l'ordinateur dans des cabines de deux personnes) au coût
de 300 UM de l'heure.
Le Palmier
B.P. 3543, Tevragh Zeïna, T 10, Nouakchott (près de ce restaurant)
offre des soirées souper-cinéma à 2 000 UM par
personne.
IV -
THEATRE
Le théâtre
mauritanien se limite à de petites pièces afin de favoriser
l'apprentissage des jeunes face aux problèmes de la société.
Ce sont surtout les associations, les écoles et le Centre culturel
français qui offrent des ateliers de théâtre. Seul
Ousmane Moussa DIAGANA a produit quelques pièces à grand
public.